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Centre Archéologique du Var

Toute l'actualité du Centre archéologique du Var (C.A.V) et de l'archéologie en Provence sur notre blog.

Centre Archéologique du Var

Instants Vidéo à Marseille, le 10 nov 2012

LES ORIGINES PREHISTORIQUES DU CINEMA ET DE L’ART VIDEO

EN PRESENCE DE MARC AZEMA
dans le cadre des 25es INSTANTS VIDEO www.instantsvideo.com

 

SAMEDI 10 NOVEMBRE A 20H30
FRICHE LA BELLE DE MAI (SALLE DE LA CARTONNERIE) MARSEILLE

(ENTREE LIBRE)

 

DE L’ART PREHISTORIQUE À L’ART NUMERIQUE
Conférence/Projection/débat

 

Où comment une pratique picturale ancestrale pré-cinématographique peut nous éclairer sur les enjeux des images numériques d’aujourd’hui ? Soirée en trois temps et de nombreux mouvements : 1) une conférence du paléontologue Marc Azéma ; 2) une projection de l’artiste numérique Anabela Costa ; 3) Deux performances multimédia de Jean Voguet et Philippe Boisnard.

 

1) LES VERTIGES DU TEMPS (PRÉ)HISTORIQUE DE L’ART VIDEO ET DU CINEMA

 en présence du paléontologue Marc Azéma,
spécialiste de l’art pariétal, réalisateur et auteur du livre La préhistoire du cinéma (Origines paléolithiques de la narration graphique et du cinématographe)
aux Éditions Errances, 2011.

 

En 1995, fut célébré en grandes pompes le 100e anniversaire du cinéma en prenant comme date de référence la première projection « payante » des films des Frères Lumière. Certainement pour réparer la mauvaise appréciation des Lumière qui ne voyaient pas d’avenir commercial à leur invention. En 2013, les Instants Vidéo célèbreront 50 ans d’arts vidéo, rendant ainsi hommage à trois artistes pionniers qui firent chacun en 1963 un acte d’une incroyable et insolente pertinence. Le Coréen Nam June Paik expose à la galerie Parnass de Wuppertal treize téléviseurs « préparés », l’Allemand Wolf Vostell projette son dé/collage télévisuel Sun in your head et le Français Jean-Christophe Averty présente sur la télévision publique la première émission d’une sulfureuse série intitulée Les raisins vertsQu’il s’agisse du cinéma ou de l’art vidéo, il est indéniable que les dates d’origine choisies peuvent être remises en question. Il a existé auparavant des œuvres qui auraient très bien pu être retenues comme point de départ. Les historiens s’en sortent en qualifiant leurs auteurs de précurseurs. Tout va dépendre des critères d’appréciation. Pour cette année 2012, nous avons souhaité marquer notre goût de l’insolence historiciste en déclarant que les gestes précurseurs de l’art vidéo (et du cinéma) remontent à plus de 30 000 ans en arrière, aux temps préhistoriques donc. Pour démontrer cela, nous avons le plaisir d’accueillir Marc Azéma (Docteur en préhistoire) dont le travail porte essentiellement sur l’étude de la représentation du mouvement dans l'art pariétal paléolithique. Nous découvrirons que les artistes de la Préhistoire ont mis au point des processus de décomposition du mouvement pressentant l’existence de l’une des caractéristiques fondamentales de la perception visuelle : la persistance rétinienne, sans quoi le cinéma n’aurait jamais existé. Nous verrons le rôle que jouèrent les variations de lumière pour donner l’illusion du mouvement. Qu’il existait des œuvres qui peuvent s’apparenter à ce que nous appelons aujourd’hui des installations, multiplication des écrans dans l’espace formant une unité. Que les artistes préhistoriques accompagnaient parfois ces ces « spectacles » de compositions sonores. Qu’ils avaient inventé des technologies pour mettre en mouvement des dessins d’animaux. Au-delà de l’anecdote joyeuse du constat que l’homme a toujours pensé avec des images en mouvement dès lors qu’il y a montage de plusieurs plans, les travaux de Marc Azéma interrogent notre rapport au temps. La phrase de Faulkner qu’aime tant citer Jean-Luc Godard prend ici toute son ampleur : « Le passé n’est pas mort, il n’est même pas passé ». Ce qui revient aussi à nous interroger sur ce qu’est le présent. N’est-il pas, au bout du compte, qu’un point d’intersection entre le passé et l’avenir ? Le passé devient alors autre chose qu’un simple objet de mémoire. Les œuvres réalisées aujourd’hui peuvent dialoguer avec celles produites il y a 30 000 ans si nous sommes capables d’établir des rapprochements entre des images, des pensées et des techniques d’alors, avec nos préoccupations d’aujourd’hui. Le passé n’a d’intérêt que s’il devient du présent pour pouvoir se tourner vers l’avenir.

 

carte soirées

2) LES VERTIGES DU TEMPS (POST)HISTORIQUE DES ARTS NUMÉRIQUES
Projection/discussion en présence de Anabela Costa (Portugal)

 

Où sont les grottes préhistoriques que nos successeurs sur cette planète découvriront dans 10 000 ans  ans ? Quel art pariétal leur posera question quand ils essaieront d’imaginer les images mentales que nos artistes réalisaient ? « Une image, la trace de ce qu’il y aura après… », dit Godard. Les grottes du XXIe siècle ne sont-elles pas nos ordinateurs avec leurs parois numériques ? Qu’est-ce que ces images disent de nous, de notre vie, de nos rêves, de notre environnement ? C’est pourquoi nous avons décidé de tenter le plus grand écart historique en proposant, après une plongée vertigineuse dans l’art pariétal préhistorique, de porter un regard sur une œuvre entièrement réalisée avec des outils numériques par l’artiste portugaise Anabela Costa : Landscape (2012, 10’40). Costa part du principe que les paysages qui nous entourent sont eux-mêmes des productions culturelles et c’est en tant que telles, en tant que représentations mentales qu’elle les aborde avec ses outils numériques. Hier comme aujourd’hui, l’artiste ne reproduit pas une réalité objective, il produit des effets de vérité.

 

3) 22h30 : L’ODYSSEE PERFORMANCE MULTIMEDIA
de Jean Voguet et Philippe Boisnard (France, 2011)

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